Littérature prolétarienne au féminin Dans un genre littéraire largement dominé par les hommes, les éditions NADA proposent la réédition du roman autobiographique Fille de la terre d’Agnes Smedley. Militante féministe, révolutionnaire, journaliste et même espionne, elle publie ce texte en 1929. Témoin des conditions de travail des mineurs aux États-Unis au début du XXᵉ siècle, elle sillonne le pays avant de parcourir, plus tard, le monde au service des causes révolutionnaires qu’elle défend. Cette trajectoire singulière fait, sans aucun doute, d’Agnes Smedley une figure majeure, mais encore trop méconnue, de la littérature prolétarienne. L’universitaire Victoria Pleuchot a consacré une courte biographie à l’autrice, permettant de mieux situer son parcours intellectuel et militant : https://littetravail.hypotheses.org/1140 Connues pour leur catalogue aux accents libertaires, les éditions NADA proposent également plusieurs romans et bandes dessinées en lien avec la littérature prolét...
Actualité : Que faire d’Édouard Louis ? Édouard Louis, l’un des transfuges de classe les plus médiatisés du paysage intellectuel français, revient avec un essai consacré à la littérature. Que faire de la littérature ? est son douzième ouvrage. Après avoir vendu plusieurs centaines de milliers d’exemplaires de son cycle autobiographique centré sur la famille et l’expérience de la domination sociale, notamment En finir avec Eddy Bellegueule traduit dans de nombreuses langues, l’auteur propose cette fois une réflexion théorique sous la forme d’un entretien avec l’universitaire Mary Kairidi. À travers ce dialogue, Édouard Louis interroge la place de la littérature dans la société contemporaine et critique une esthétique qu’il juge convenue et largement façonnée par les dominants. Son propre parcours social et son rapport à l’écriture sont mobilisés, faisant de cet essai un prolongement réflexif et politique de son œuvre littéraire. Paru en octobre 2025 chez Flammarion En attendant,...
Putain d’usine, Jean-Pierre Levaray, 2007 Résumé En 1973, Jean-Pierre Levaray, la tête pleine de rêves et d’espoir, se fait embaucher dans une usine appartenant à Total. Il compte y rester quelques années, le temps de constituer des réserves avant de prendre le large. Il y restera finalement jusqu’en 2015. Putain d’usine est une succession de petites chroniques dépeignant la vie sur un site classé Seveso. Au fil de cette longue carrière, l’auteur est confronté à de multiples accidents. Il frôle la mort en 1989 après avoir accompagné des intervenants sur une fuite qui se termine par une explosion. Il est aussi témoin de la déchéance de plusieurs de ses collègues qui, par ennui ou déception, sombrent dans l’alcool. Parfois, le récit vire au fait divers insolite sur fond de frustration accumulée : alcool et engin de chantier ne font pas bon ménage, surtout lorsque la maison du patron est visée et que le bulldozer est conduit par un ouvrier licencié. Putain d’usine , c’est également...